|
Sans relâche, chaque année, et malgré les obstacles, malgré le manque
d’engagement de trop de
responsables et de médias pour cette journée et pour la paix, il nous faut unir nos forces pour
dénoncer l’insoutenable, éviter l’appauvrissement et même la destruction de la planète, et au
contraire construire petit à petit un monde de progrès social et de paix.
L’apport des ONG peut et
doit être plus grand, notre modeste contribution aidera peut-être à cette avancée.
Alain Rouy rapporte :
La célébration de la Journée Internationale de la Paix a eu
lieu à l’initiative d’un collectif d’ONG
autour du thème " Drones et robots au service de la Paix ".
Un groupe de travail coordonné par
Michel Thouzeau et Lisbeth Gouin (mais il faudrait citer bien d’autres personnes) s’est attelé à
faire
vivre une démarche originale qui consistait à solliciter enfants, jeunes et artistes du monde
entier
pour qu’ils imaginent et réalisent des dessins, vidéos, sculptures, maquettes, oeuvres d’art
autour de
l’idée de "jouer à la paix " – et non plus à la guerre - en utilisant drones et robots
familiers aux
enfants et aux jeunes.
A partir de toutes les contributions reçues, Claude Yvans a réalisé un film qui
a
été montré à Tunis. Malheureusement, les contraintes à la fois horaires et protocolaires qui ont
marqué cette journée n’ont pas permis de donner à l’initiative toute l’ampleur que nous aurions
souhaité :
il a fallu raccourcir un peu le film et limiter le temps des trois panels prévus
: le premier
panel eut pour objet d’analyser un choix représentatif des oeuvres reçues, avec l’apport de
psychanalystes et d’artistes nous livrant leur ressenti à la vue de ces dessins.
Le deuxième et le
troisième panel ont donné la parole à des représentants d’ONG faisant part de leur point de vue
sur
deux sujets soumis à leur expertise : sur "la Paix aujourd’hui" et " intelligence
artificielle, robotique et éthique" avec notamment les exposés de Catherine Simon sur la
Robotique et de Jean-Francois
Perrot sur l'Intelligence Artificielle.
La très émouvante chanson interprétée par Claire ou les beaux croquis de Gaspard
ont enrichi encore
la dimension artistique que nous avions voulue pour cette journée.
Ces journées de Tunis ont eu le grand mérite de
permettre aux ONG de faire le point de leurs actions
et de renforcer leur coopération, notamment au sein de l’Unesco. On ne peut en effet se
contenter
de s’en remettre aux Etats, l’action de la société civile est cruciale pour avancer vers un
monde de
paix.
Michel Thouzeau rappelle que ce projet a été validé par le
comité de liaison UNESCO/ONG
en décembre 2016, que de nombreuses ONG se sont associées au projet devenu " Imagine
un robot ou un drone pour la paix " et dont la première réunion a eu lieu le 19 janvier 2017.
Il s’agissait de proposer à des éducateurs, des jeunes ou des professionnels du
monde entier
de réaliser une production artistique, dessin, tableau, sculpture ou vidéo pour le 21
septembre 2018.
Une quinzaine d’ONG ont réussi à recueillir grâce à leurs antennes régionales
plus de 70
inscriptions permettant de réunir au final 44 oeuvres. Claude Yvans vidéaste renommé a mis
en valeur les productions reçues dans un film de 35 minutes.
Marie Claude Machon Honoré se souvient :

Il s'est dégagé de cette matinée, une impression d'humanité qu'il faut préserver
dans un monde en
pleine et rapide évolution vers la robotique.
Le film monté harmonieusement par Claude Yvans à partir de dessins émouvants
d'enfants et de
peintures d'artistes à la fois belles et inquiétantes, a largement contribué à une émotion
palpable
dans la salle, tout comme la musique l'accompagnant.
L'engagement indéfectible de Michel Thouzeau de l'AIEP et de toute l'équipe
organisatrice à faire
que cet évènement ait lieu, est en soi une réussite noble et la preuve de la contribution des ONG
à la
paix.
Je garderai cette formule de Madame Castelli
"l'harmonie donne la paix" ce qui se reflète dans ces deux tableaux que j'ai
particulièrement appréciés, autour du féminin et du masculin car emblématiques d'une nouvelle
relation entre l'homme et la femme augurant d'un nouveau monde
de paix.
Jacqueline Paumier note :

Le thème des Robots et Drones choisi par Michel est au coeur de l'actualité : on
peut parler des
nombreuses conférences, manifestations qui ont eu lieu un peu partout dans le monde …
…La contribution de Claude a été très bénéfique pour montrer l'implication des
enfants dans la
représentation de la Paix par l'intermédiaire des Robots et des Drones "l'optimisme,
l'énergie,
l'avenir sont traduit chez eux par l'utilisation des couleurs de l'arc en ciel".
Le rôle de l'Art en général pour symboliser la Paix, que ce soit avec la très
émouvante chanson
interprétée par Stephen et Claire et les beaux croquis de Gaspard.
L'enrichissement considérable du débat avec les exposés de Catherine Simon sur
la Robotique et de
Jean-Francois Perrot sur l'Intelligence Artificielle.
Les interventions de Gloria, Alain, Michel, Fatema, Lisbeth et Maud nous ont
valu un partenariat avec
Jmelleila, jeune assistante universitaire en sciences de l'éducation à l'Institut supérieur de
l'Education
et de la Formation Continue du" Bardo" à Tunis qui veut éduquer ses étudiants à la Paix.
L'accueil toujours aussi chaleureux des amis tunisiens m'a touchée, que ce soit
à l'aéroport, à
l'hôtel ou à l'occasion du programme culturel concocté pour nous.
Que de belles rencontres aussi à travers le monde, nos
retrouvailles avec notre Présidente Gloria
Ramirez et avec toutes ces personnes engagées qui malheureusement ne font pas la une de
l'actualité, mais qui réconfortent les plus pessimistes d'entre nous…
J'ai regretté que le film vidéo n’ait pas été projeté intégralement, que le
retard dans le démarrage de
notre programme n'ait malheureusement pas pu être compensé par une prolongation de la séance
ce qui nous a privés d'un débat essentiel.
Danielle Lévy, Ernestine NGO MELHA approuvent les remarques de
Jacqueline Paumier.
Renée Triolle écrit :
" Ce qui m'a frappée, c'est que la Journée de la Paix a
été bousculée…Ce qui m’a le plus émue :
chanson de Claire Vernet très prenante, et le film de Claude Yvans, toujours si performant à
partir de
quelques dessins. Merci à tous. Je n'ai fait aucune photo mais je fais des rapports en espéranto
pour
nos membres. "
France Marquet partage l'avis de notre amie Renée Triolle et félicite le groupe
pour le travail
effectué.
Marguerite Dauny a particulièrement apprécié le moment fort
lors de l'interprétation des
dessins d’enfants sur la paix où " jouer à la paix " semble moins naturel et spontané
que de " jouer à
la guerre " ; elle a ressenti dans les dessins une expression poignante de la souffrance de
ces enfants
en quête de paix et de sécurité.
Danièle Perruchon, sensible à l’interprétation des dessins d’enfants par les
intervenants du
panel 2 a retenu l’importance de l’éducation informelle dans l’éducation à la paix, la notion
d’harmonie que procure la paix, la manière très concrète qu’imaginent les enfants pour faire la
paix.
Le monde virtuel ne fait plus peur, des premiers films de fiction en noir, on
passe à la multiplicité des
couleurs, on envisage un monde différent, une humanisation du robot. Le vol des drones peut
s’apparenter à un rêve. C’est une vision optimiste, les dessins traduisent un plein d’énergie, de
solidarité, d’altérité, de sérénité.
Gaspard a insisté sur l’idée de l’art qui surpasse la parole,
l’importance de l’arc en ciel qui est
représenté universellement, symbole de vie, de protection et de nature ; la nature nous apprend
la
paix.

GASPARD
Jean-François PERROT a expliqué qu’un robot est un objet fait de matière, "
la forme " selon
Aristote ; il fonctionne grâce à des algorithmes programmés, " l’esprit " selon
Descartes.
Quels que soient " la forme " ou " l’esprit
", il s’agit d’une information traitée par une seule et même
machine. Chaque progrès dans un domaine va se répercuter sur les autres domaines.
L’information se transporte dans un réseau qui communique en permanence avec le
monde entier,
que nous le voulions ou non. Par exemple le téléphone portable, même fermé, est connecté en
permanence. Nous ne le contrôlons pas, nous n’en sommes pas le maître. L’effet de la globalisation
sur les groupes sociaux fait que c’est le monde qui nous contrôle et non l’inverse.

M. Stephen BINET, Compositeur-Pianiste, Mme Claire VERNAY,
Parolière et Chanteuse ont magnifiquement interprété la chanson " Un autre chemin ",
créée spécialement pour l’évènement.
Voir le CLIP " Ensemble pour la paix, les enfants
s'engagent… un autre chemin "
https://youtu.be/2wnPY5iu0KM
Fatema BINET évoque avec émotion quelques souvenirs :
" J'ai contribué à ma manière à la réussite du projet
que l'on m'avait confié.... Ces regards reçus plus
efficacement, ces discours traduits délicatement, ces images qui ont défilé, le chant et la
musique
m’ont juste faite vibrée…
Imaginer des drones et des robots pour la paix sèmera dans les têtes des enfants
des graines de
rêves en couleurs et des rêves de liberté.
J’étais enthousiaste, peut-être trop parfois, mais sûrement pour cacher ces
bouffées de bonheur qui
allaient nous offrir de l'espoir et qui viennent me piquer les yeux…
L'émotion s'est dissimulée derrière des regards ou des embrassades mais demeure
toujours si
personnelle, si intime, si enfouie… dans les sentiers de notre coeur… "

Cristina CASTELLI (Universitaire et psychanalyste) nous
remercie du nom du Bice et en son nom
personnel, pour l’organisation du Forum et de la Journée internationale pour la paix ainsi que
pour la
qualité et la richesse des échanges entre les différents intervenants.
" Merci pour l'organisation du panel " imagine un drone ou un robot
pour la paix " sur tout votre
travail et l'effort de construire la paix en partant des enfants."
" Notre engagement commun reste bien celui de veiller à la mise en oeuvre
de toute
recommandation qui favorise le respect de la dignité et des droits des populations migrantes et en
particulier des enfants déplacés ".

Gloria RAMIREZ écrit aux adhérent-e-s de l’AIEP/IAEP dont elle
est la Présidente mondiale:
Cher-e-s ami-e-s de l'AIEP,
L'aventure des " Drones et Robots pour la Paix " a
été présentée à Tunis le 28 septembre 2018,
événement coordonné par Michel Thouzeau dans le cadre du groupe des ONG participant à ce projet.
La Vidéo que vous découvrirez plus loin est l’oeuvre du réalisateur Claude Yvans, tous deux
membres
de l'Association Internationale des Éducateurs à la Paix (AIEP/IAEP).
Ce grand effort a pu compter avec la collaboration de Lisbeth Gouin de l'Organisation Mondiale de
l’Éducation Préscolaire (OMEP) - et membre également de l'AIEP - ainsi qu'avec l'engagement de
diverses ONG partenaires et d'autres membres de l'AIEP qui participèrent activement au groupe de
travail.
Ce résultat valeureux a été obtenu après plus d'un an et demi de réunions mensuelles au sein des
activités du Comité de Liaison des ONG partenaires de l'Unesco, réalisées au siège de l'Unesco à
Paris
en France.
Michel Thouzeau, lors de la session inaugurale, à Tunis, a expliqué amplement
l'origine et le
développement de ce projet. De même, notre chère amie Lisbeth Gouin souligna qu'il était le fruit
de
l'inquiétude de savoir que tous les enfants, filles et garçons, adolescentes et adolescents et les
femmes et les hommes, nous avons appris et savons jouer à la guerre, mais nous n'avons pas appris
à
jouer à la Paix. Mais " Comment joue-t-on à la Paix ? " et " Qui nous l'apprend ?
".
La vidéo montre qu'il est possible d'enseigner à jouer à la Paix dans le monde
d'aujourd'hui, celui des
drones, des robots et des nouvelles technologies.
Cette initiative a reçu 70 projets et 40 réalisations de partout dans le monde,
de tous les continents
et niveaux éducatifs (du préscolaire à l'Université), aussi bien des secteurs de la société civile
que
d'Artistes plasticiens.
Un Bulletin AIEP vous parviendra rapidement avec le compte-rendu des événements
de Tunis.
Félicitations à Michel Thouzeau, Lisbeth Gouin, Claude Yvans et à tous les ami-e-s de l'AIEP pour
ce
fantastique travail et produit ainsi réalisés. Maintenant vient le temps de le diffuser et de
l'utiliser
comme outil éducatif et donc de le dupliquer pour tout le monde.

Des robots pour la paix : Catherine Simon / Consultante -
experte en robotique.
Un titre surprenant quand circule la pétition pour l’interdiction des drones
armés autonomes, mais
qui prend tout son sens à la lecture des 17 objectifs de l’ONU à l’horizon 2030. La définition de
la Paix
a évolué d’un statut en négatif - la paix comme fin de la guerre - à une approche holistique
positive
d’une Culture de paix, une quête continue de vivre ensemble en harmonie.
Le " maintien de la paix "
est alors organiquement lié au Programme de développement durable, ce plan d’action pour
l’humanité, la planète et la prospérité.
La Journée de la Paix a réuni fin septembre à Tunis des représentants de
l’Unesco et les ONG
partenaires pour un forum international, point d’orgue d’une activité tout au long de l’année. Si
jouer
à la guerre est simple, il faut de l’imagination pour jouer durablement à la Paix.
Aussi, les ONG,
notamment le Mouvement pour la Paix, ont fait appel aux enfants du monde entier pour des
créations artistiques sur la thématique : "Drones et robots pour la Paix". Les dessins,
aux couleurs
naturelles de l’arc en ciel, relevaient souvent des cas d’usages réalistes et pragmatiques de ces
technologies.
Quelle récompense de voir que nos enfants spontanément,
ont dessiné des usages au
service d’un Paix Durable :
Le drone qui livre les équipements et ressources de première
nécessité dans des lieux sinistrés; le
robot agricole qui améliore le rendement productif des cultures, tout en préservant la richesse de
la
terre; des exosquelettes et prothèses bio-mécatroniques qui suppriment les barrières du handicap;
des robots qui permettent à des populations isolées un accès à l’eau et l’électricité; des robots
démineurs, pompiers, sauveteurs des naufragés; des robots d’interaction qui réunissent des
familles éclatées par les migrations; ... Ces enfants ont su illustrer de multiples robots,
acteurs et messagers
d’une Culture de paix.

Jean François Perrot (professeur émérite, Sorbonne Université,
spécialiste de l’Intelligence
artificielle) explique :
Le panel III aurait pu s'intituler "Philosophie et robotique", vu la
présence de deux philosophes d'une
part, le Dr. Fethi Triki, président de séance et Tomislav Bracanovic, du COMEST, d'autre part
d'une
experte en robotique, Catherine Simon, et d'un robot humanoïde Poppy. Le robot était
malheureusement paralysé par un accident de voyage, mais il a concentré l'attention et, par sa
seule
présence, il a attesté de la réalité d'où se sont envolés les discours des participants.
Le Dr. Triki a ouvert la séance avec un message d'espoir, suivi par T.
Bracanović qui a insisté sur les
changements que les technologies vont causer dans nos sociétés : les points de vue éthiques et les
attentes des populations ne seront bientôt plus les mêmes qu'aujourd'hui. J-F. Perrot a mis au
premier plan les conséquences de la diffusion planétaire de l'information, qui fait fonctionner
les
robots mais qui vient aussi agir sur chacun de nous à travers son téléphone portable.
Catherine SImon a exhorté les organisations humanitaires à s'emparer des
"nouvelles technologies" pour y trouver des moyens d'action inédits et efficaces.
Les drones et les robots sont donc bien capables de "jouer à la paix".

Gabrielle de MILLEVILLE nous rappelle les propos tenus lors de cette
journée par les
différents intervenants qui apparaissent comme" sont des propositions de RECOMMANDATIONS en
point d’orgue à la journée :
- Prévention de la paix, travail sur le long terme, sans d'impatience ni
découragement.
- Valeurs artistiques et beauté doivent être promues. Elles représentent
la consécration du droit à la
vie, à la liberté d'expression : les dessins des enfants en sont le témoignage.
- Nouvelles technologies : légitimité morale et éthique.
- Besoin d'une législation concernant l'utilisation des nouvelles technologies :
respect des normes, besoin de contrôle, sanction des usages abusifs.
- Veiller à ce que l’Intelligence Artificielle soit conforme aux standards
internationaux, pour le respect
des droits humains.
- Rôle clé de l’Education à la paix, aux droits de l'homme, au
développement durable.
- Les Etats devraient être partenaires de la culture de la paix dans les
programmes scolaires pour
lutter contre l’extrémisme, réduire la haine, réduire les nationalismes.
- Changer les attitudes, pas seulement les idées pour que la solidarité
s'installe dans les esprits des
hommes. Le partenariat entre ONG et Ministères est crucial.
- Nécessité d'un renforcement de la culture de la paix : faire acquérir
une culture de paix, se
l'approprier, la mettre en pratique, la développer et prendre en compte l’éducation
informelle.
- La Culture de la paix doit être un patrimoine universel.
- La paix ne pourrait être consacrée qu'en élaborant une loi internationale
respectée par les
individus. Elle devient une culture ancrée dans l'esprit des gens en lieu et place d'idées
destructrices.
- La Culture de la paix est une alternative qui pourrait propager amour et
solidarité humaine contre
les violences.
- Le Partenariat entre société civile et institutions publiques est
indispensable : proposition d'un
Pacte entre IADH et certains instituts publics arabes pour partager la culture de la paix.

Mosaïque de Virgile au musée national du Bardo à Tunis
|