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Qu’est-ce qui me rapproche de Vincent Van Gogh ?
Apparemment rien puisqu’il est né aux Pays-Bas et que je suis originaire du
Maroc.
Il a ensuite quitté son pays pour venir vivre en France en Provence ou à Auvers-sur-Oise dans un
grand mouvement qui, parti du nord, l’a amené au sud, là où le soleil est un peu plus présent, ce
qui peut avoir des effets sur la palette.
Or j’ai connu le mouvement inverse quittant mon Maroc natal plus ou moins bien ensoleillé (puisque
Lyautey disait de lui que c’était un «pays froid où le soleil est chaud», phrase qui se rapporte
bien à ma région d’origine Ait Sadden, qui se trouve dans les montagnes à l’est de Fès et au sud
de Taza).
Enfin, puis-je le rappeler, Van Gogh est décédé, du moins apparemment, alors que je suis vivante.
J’ai peut-être même dépassé les 37 ans et, à ma connaissance, je ne me suis pas encore suicidée.
Et c’est là que les rapprochements commencent.
Nous avons été tous les deux des exilés, ou, au moins des voyageurs soucieux d’observer comment
le fait de se déplacer dans l’espace, ce qui s’ajoute aux changements produits par l’existence,
peut signifier, pour un peintre, non seulement des changements de palette, mais aussi de sujets,
voire de style, ce qui apparaît clairement dans les 2 000 toiles ou dessins produits par Van Gogh.
Quand j’étais jeune, comme beaucoup de peintres, j’ai travaillé à la manière de Van Gogh, ce qui
signifiait qu’il avait du style et que moi, je n’en avais pas encore.
Comme lui, j’ai réalisé des vases de fleurs avec la même particularité : toutes les fleurs sont
tendues vers le ciel, sauf une, toujours sur le côté, qui commence à pencher de la tête comme si
l’œuvre du temps se rendait visible. Aristote disait que la beauté se trouvait dans la
perfection, donc seulement dans la fleur épanouie. Et Vincent ajoute des calices qui ont franchi
cette limite, en affirmant donc implicitement qu’il y a de la beauté hors des idées
aristotéliciennes. Idée qui sera reprise ensuite par Umberto Eco dans ses deux livres sur la
beauté puis sur la laideur dans l’art. Comme Vincent, j’ai dessiné des bouteilles ou des brocs,
lui avec des citrons venus du sud, moi sans, n’osant pas y mettre des produits venus du nord.
Comme chez lui, j’ai peint des oppositions entre bouteilles debout et
couchées, ne pouvant pas peindre de bouteilles assises, ce qu’aurait volontiers fait Dali s’il
avait pu trouver des bouteilles molles.
Comme Vincent, j’ai peint des vanités, des livres devant une tenture. Lui a choisi,
malicieusement, des romans ou des nouvelles françaises, moi des ouvrages sans nationalité
apparente. Sans doute parce que nous n’appartenions plus au même siècle.
Mais comme Vincent, j’ai cessé de faire du Vincent. Et alors qu’il est devenu
Van Gogh avec un style de plus en plus sauvage, de plus en plus fauve et de moins en moins
académique, j’ai évolué pour devenir « magicienne » des couleurs que je juxtapose aujourd’hui afin
de créer des accords dissonants ou consonants. En peignant ainsi, je m’éloigne de Van Gogh qui
gardera toujours, en tant que peintre impressionniste, un lien avec une réalité perceptible.
Tout est présent dans ma peinture, mais rien n’est habituellement
perceptible.
Vincent Van Gogh annonçait l’expressionnisme. Je suis aujourd’hui en plein dedans, mais mon
expressionnisme est abstrait. L’humain n’est connu que du peintre, parfois des visionnaires qui
regardent mes toiles. On peut alors ne plus y voir que de la décoration. Mais c’est échapper alors
à un regard plus intériorisé, celui que Vincent Van Gogh attendait des autres, celui qu’il
revendiquait en démissionnant de chez Goupil parce qu’il pensait qu’une toile n’est pas d’abord
qu’une marchandise.
Voilà aussi ce que j’ai en commun, comme beaucoup d’artistes, avec Vincent Van Gogh. Une toile,
si elle répond à des questions existentielles fondamentales pour le peintre, qui périrait s’il ne
pouvait continuer à peindre ou qui peut mourir s’il continue à peindre, ce qui est la même chose,
n’a, en réalité, aucun rapport direct avec le marché de l’art. Le marché peut parfois percevoir
l’énergie présente dans une toile et en faire la base de l’estimation de sa valeur, mais la valeur
qu’il proposera ne sera jamais, par excès ou par défaut, la valeur intrinsèque de l’œuvre.
C’est aussi cela que nous pouvons tous apprendre de Vincent Van Gogh.
Garibaldi humaniste
Giuseppe Garibaldi (ou Joseph Marie Garibaldi pour l'état civil français) «
Héros des Deux Mondes » une notoriété incroyable dans son pays aussi bien qu'à l'étranger. Grâce à
la presse internationale dont il a bénéficié pour l'époque, et qui a exprimé, parfois avec
romantisme, son épopée. Les plus grands intellectuels, notamment français, Victor Hugo, Alexandre
Dumas, George Sand lui ont témoigné leur admiration.
Aussi en ce 10 décembre 2011, je remercie messieurs le président et le vice président de
l’Association Culturelle Italia in Arte, Messieurs Roberto et Dario Chiavarini, Madame Maria
Torrelli et l'ensemble du Conseil ainsi que les membres de la Commission et critique d’Art de
m’avoir décerné le Prix Van Gogh et le Giuseppe Garibaldi en reconnaissance de ma carrière
artistique et pour mes engagements dans l’organisation de salons d’art et en faveur de la
promotion d’artistes.
C'est avec une grande émotion, L'Aube de 2012, d'être là à cet évènement
international car, à travers l'art, je n'inspire qu'à porter très haut les valeurs culturelles et
la production artistique du royaume Chérifien le Maroc, mon pays natal, qu'à mon pays adoptif, la
France.
Le Maroc est très sensible à vos actions pour le rapprochement et l’échange.
Votre association sait entretenir avec l'ensemble des pays des relations artistiques basées sur le
respect mutuel des cultures et la solidarité.
Je dédie ce prix à mes Parents également à toutes les personnes qui m’ont
accompagnée tout le long de ma vie.
Merci
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